Fondation en redans = semelle filante en escalier pour terrain en pente. Chaque marche (redan) est horizontale, jamais inclinée.
Règle d’or : 3 de hauteur pour 2 de recul horizontal (règle 3/2) – obligatoire pour la stabilité.
Étapes clés : étude de sol → terrassement en gradins → ferraillage du redan → coffrage → coulage en une seule fois du bas vers le haut.
Pièges à éviter : semelle trop profonde dans l’argile, arrêt de coulage entre deux redans, oubli des armatures de liaison.
Qu’est-ce qu’une fondation en redans exactement ?
Une fondation en redans (ou fondation à redans) est une semelle filante en béton armé coulée en gradins parfaitement horizontaux pour suivre la déclivité d’un terrain. Chaque « redan » correspond à un palier dont la hauteur diminue progressivement, de sorte que la charge du mur soit transmise verticalement au sol, jamais avec une composante oblique qui favoriserait le glissement. On parle parfois de semelle en escalier : c’est le même principe. L’important est de ne jamais incliner la sous-face de la fondation. Un béton incliné, surtout sur un sol en pente, crée des poussées latérales et des contraintes de cisaillement qui peuvent fissurer l’ouvrage. Les redans, eux, travaillent en compression pure, comme une fondation classique. Sur les forums construction, j’ai vu beaucoup d’autoconstructeurs confondre redan et simple décrochement sans respect de la pente. Non, un redan de fondation, c’est une solution géotechnique normée. Le DTU 13.11 et les études de sol l’imposent dès que la pente dépasse quelques pourcents. Pour retenir la définition : « Une fondation en redan est une fondation superficielle constituée de semelles horizontales décalées verticalement, reliées entre elles par un voile vertical ou un béton de liaison, destinée à suivre un terrain en pente. » Si vous cherchez un schéma de fondation en redan, imaginez un escalier couché sous le niveau du sol, chaque marche épousant la pente.La règle des 3 pour 2 : le calcul qui sauve votre ouvrage
La règle des redans 3/2 impose qu’entre deux niveaux de fondation, la pente de la droite reliant les deux semelles ne dépasse pas 3 vertical pour 2 horizontal (soit une pente de 150 %). En d’autres termes, pour une différence de hauteur H entre deux redans, vous devez prévoir un recul horizontal au moins égal à 2/3 de H. Si H = 90 cm, le redan doit avancer d’au moins 60 cm. Ce ratio n’est pas une suggestion ; il est repris par la majorité des bureaux d’études géotechniques. Le sol, surtout argileux, « pousse » latéralement sur les semelles. Si les redans sont trop proches verticalement tout en étant trop peu décalés horizontalement, les bulbes de pression se chevauchent, créant un effet de « béquille » qui peut déstabiliser le tout. La règle 3/2 garantit que chaque fondation travaille dans son propre prisme de terrain, sans interférer avec ses voisines.Comment réaliser une fondation en redans pour un mur (ou une extension)
Passer de la théorie au chantier, c’est ce qui me motive. Je vous détaille la méthode standard utilisée par les pros, en 4 étapes. L’ordre est capital : on part du point le plus bas pour remonter progressivement.1. Étude de sol et dimensionnement
Avant même de prendre la pelle, demandez une étude géotechnique G2 (ou G1 pour une construction simple). C’est elle qui détermine la profondeur minimale hors-gel, la contrainte admissible du sol, et le risque de retrait-gonflement. Le bureau d’étude indiquera aussi la pente admissible et le gabarit des redans. Croyez-moi, les 800 € d’étude vous éviteront des fissures à 20 000 €.2. Terrassement en gradins
Creusez d’abord la tranchée au point le plus bas, bien horizontale sur le fond. Puis matérialisez le premier redan : une marche verticale correspondant à la demi-hauteur du redan, puis un palier horizontal. On répète l’opération de bas en haut. Utilisez un niveau laser, car la moindre erreur d’horizontalité peut fausser les longueurs d’appui. Les praticiens conseillent de réaliser le redans terrassement en laissant un peu de sur-largeur pour le coffrage. Si le terrain est meuble, des planches de blindage peuvent éviter l’éboulement des parois.3. Ferraillage et coffrage du redan
C’est l’étape qui fait souvent peur aux novices. Chaque redan doit contenir des armatures de continuité : des fers longitudinaux horizontaux dans la semelle basse, auxquels on raccorde des aciers verticaux (cadres, épingles) pour reprendre le voile vertical du redan, puis de nouveau des filants dans la semelle haute. Le principe est de créer une cage d’armatures qui solidarise l’ensemble. Le ferraillage fondation en redan doit respecter les plans de l’étude de sol : diamètres des barres, espacement, recouvrement. En général, on utilise des HA 10 ou HA 12 pour les semelles, avec des étriers en HA 6 tous les 20 cm. Le redan vertical doit être armé sur toute sa hauteur ; une astuce consiste à plier les fers en épingle à 90° pour assurer la liaison. [IMAGE_ICI][IMAGE_DESCRIPTION: Close-up of reinforcement cage inside a stepped foundation trench, showing bent rebars connecting the horizontal base and the vertical riser of the step, with wooden formwork in place.]
Le coffrage peut se faire en planches de bois ou en panneaux de coffrage, maintenus par des serre-joints et des étais. La vidéo intégrée ci-dessous montre clairement comment un apprenti maçon réalise le coffrage pas à pas – un vrai gain de temps quand on débute.4. Coulage du béton en continu et contrôle
La règle absolue : couler tous les redans en une seule fois. On commence par le step le plus bas, avec un béton un peu plus sec (pour ne pas le voir glisser vers le bas), puis on remonte progressivement en s’assurant que le béton remplit bien les angles du coffrage. Utilisez un béton C20/25 minimum, voire C25/30 si le sol est agressif. Dès le coulage terminé, vérifiez l’horizontalité de chaque palier avec un niveau à bulle, et la continuité du trait de niveau entre tous les redans. Un mur en redan ne supportera jamais de contrainte si un seul redan s’est affaissé de 5 mm pendant la prise. Le décoffrage intervient après 48 h, mais le béton ne sera pleinement résistant qu’au bout de 28 jours. Ne montez pas le mur tout de suite, surtout en été : humidifiez légèrement la semelle pendant la cure pour éviter les microfissures de retrait.Les 3 bourdes à ne pas commettre sur une fondation en redans
- 🔴 Oublier l’étude de sol : sur un terrain en pente, les argiles peuvent gonfler et amplifier le tassement différentiel. Impossible de dimensionner correctement sans connaître la portance réelle.
- 🔴 Couler les redans en plusieurs fois : vous créez alors un joint froid entre deux redans, une zone de faiblesse qui deviendra une ligne de fissuration préférentielle. Continuité, c’est le maître-mot.
- 🔴 Négliger le recouvrement des armatures : si les fers de liaison sont trop courts ou mal positionnés, le redan supérieur ne sera pas correctement « accroché » à son voisin inférieur. Comptez au moins 50 fois le diamètre de la barre en longueur de recouvrement.
Redans et terrain argileux : une vigilance de tous les instants
Si votre sol est classé en zone de risque moyen à fort d’argile gonflante (souvent le cas en pente), la profondeur des redans est cruciale. Plus on descend, plus la teneur en eau du sol est stable. Les bureaux d’étude préconisent souvent une profondeur hors-gel de 80 cm à 1,20 m selon la région. La règle 3/2 s’applique toujours, mais il faudra peut-être augmenter le recul horizontal si le sol présente un potentiel de gonflement élevé. Dans ces situations, n’hésitez pas à élargir la semelle de 5 à 10 cm pour diminuer la pression au sol. Personnellement, je rajoute aussi un film polyéthylène sous la semelle pour limiter les remontées capillaires, bien que cela ne fasse pas l’unanimité. L’important est de suivre scrupuleusement les recommandations du géotechnicien.✨ Mon verdict
Après avoir accompagné plusieurs chantiers de particuliers sur des terrains vallonnés, je peux l’affirmer : la fondation en redans n’est pas une option, c’est une obligation technique dictée par la physique du sol. La clé du succès tient en trois mots : sol, géométrie, continuité.
D’abord, ne faites jamais l’impasse sur l’étude de sol. C’est elle qui valide la profondeur, la pente admissible et le dimensionnement du ferraillage. Sans elle, vous construisez à l’aveugle. Ensuite, respectez impérativement la règle des 3/2 : imaginez-la comme le garde-fou qui empêche un redan de « pousser » le suivant. Enfin, un seul coulage continu du bas vers le haut, avec un béton bien vibré et des armatures correctement recouvertes : votre ouvrage vous remerciera dans 10, 20 ou 50 ans.
Et si vous hésitez, visionnez la vidéo de coffrage, piochez des retours d’expérience sur les forums (celui de ForumConstruire regorge de photos très utiles) et, surtout, ne bricolez pas cette fondation un dimanche après-midi avec trois sacs de béton prêt à l’emploi. Une fondation en redans bien exécutée, c’est la tranquillité pour des décennies.
Et vous, avez-vous déjà dû composer avec un terrain en pente récalcitrant ? Comment avez-vous géré le redan ? Racontez-moi votre expérience en commentaire, je serais ravie d’échanger !
🙋 Questions fréquentes sur les fondations en redans
Quand faut-il absolument prévoir des redans plutôt qu’une semelle classique ?
Dès que la pente naturelle du terrain dépasse 5 à 10 %, le DTU impose des fondations à paliers horizontaux. Si vous avez plus de 40 cm de dénivelé sur la longueur de la semelle, les redans sont obligatoires pour éviter tout déséquilibre. Une semelle inclinée, même légèrement, produit une composante horizontale qui peut faire glisser l’ouvrage. Les bureaux géotechniques systématisent les redans sur presque tous les terrains en pente, même pour un simple mur de clôture. Le forum ForumConstruire contient plusieurs retours montrant que des murets réalisés sans redan ont rapidement présenté des fissures obliques.
Quelle profondeur minimale pour une fondation en redans ?
La profondeur dépend de la zone de gel et de la nature du sol, mais en France métropolitaine, on vise au moins 50 à 80 cm pour être hors gel. En montagne ou en terrain très argileux, on peut descendre à 1,20 m. L’étude géotechnique donne la cote exacte. Le principe est d’ancrer chaque redan dans une couche stable et homogène. Attention : si la pente est forte, le redan le plus bas se retrouve souvent plus profond que le haut ; c’est normal, du moment que sa base est au moins à la profondeur hors-gel. Ne cherchez pas à économiser sur l’excavation, car un redan trop superficiel sera exposé aux mouvements du sol saisonniers.
Peut-on couler une fondation en redans soi-même ou faut-il un pro ?
Un bricoleur averti peut tout à fait couler de petits redans (muret, extension de garage) à condition de maîtriser le ferraillage et le coffrage, et surtout de disposer d’un béton livré en une seule fois. L’erreur la plus fréquente des autoconstructeurs est de sous-estimer la quantité de béton nécessaire et de se retrouver avec un joint froid. Pour une maison individuelle, le recours à un maçon professionnel est vivement conseillé, car les désordres peuvent coûter très cher. La vidéo intégrée plus haut montre qu’avec de la méthode, un apprenti peut coffrer correctement un redan, mais la réception du béton et le contrôle de la cure demandent de l’expérience. Le guide pratique sur Scribd rappelle l’importance de plans détaillés avant toute mise en œuvre.
Quel type de béton et de dosage pour un redan ?
Un béton C20/25 (soit 350 kg de ciment par m³) est le minimum. Pour les terrains agressifs (sulfates, nappe phréatique), on passe à du C25/30 ou même du C30/37 avec un ciment résistant aux sulfates. Pendant le coulage, le béton du redan bas doit être un peu plus sec (affaissement S2, 5-9 cm au cône d’Abrams) pour ne pas s’affaisser sous la poussée des redans supérieurs. Un adjuvant superplastifiant peut aider à conserver une ouvrabilité suffisante sans ajouter trop d’eau. Évitez à tout prix le béton prêt à l’emploi tout prêt en sac si la fondation dépasse 1 m³ ; la régularité et l’homogénéité d’une toupie sont indispensables.
Comment vérifier la règle 3/2 sur le chantier ?
Mesurez d’abord la dénivelée H entre deux semelles (distance verticale). Multipliez H par 2/3 : vous obtenez le recul horizontal minimal. Avec un décamètre, vérifiez que la distance horizontale entre le bord extérieur du redan inférieur et le bord extérieur du redan supérieur est au moins égale à cette valeur. Par exemple, si vous avez 90 cm de différence, le redan supérieur doit être en retrait d’au moins 60 cm. Un niveau laser et un cordeau à poudre aident à reporter cette cote au sol. Gardez un œil sur le rapport d’étude de sol : le géotechnicien peut imposer une pente plus douce (3/2,5 par exemple) dans les argiles très gonflantes. L’article de BonSol Btp illustre bien le calcul avec des schémas clairs.