Champignon placo : reconnaître, traiter et prévenir la mérule et les moisissures sur vos plaques de plâtre

mai 10, 2026

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Par Camille Lefèvre

🛑 Ce qu’il faut retenir en 15 secondes

  • Le « champignon placo » désigne soit la mérule (Serpula lacrymans), un champignon lignivore dévastateur, soit de simples moisissures de surface.
  • Dans 100% des cas, la cause racine est l’humidité : fuite, infiltration, condensation, ventilation défaillante.
  • Une odeur de sous-bois, des filaments blancs cotonneux ou des taches noires qui s’étendent = alerte rouge.
  • Moississure superficielle : vous pouvez traiter vous-même. Mérule avérée : ne touchez à rien, appelez un pro. Le ponçage seul peut libérer des millions de spores.
  • Toute réparation sans supprimer la source d’humidité revient à remettre un pansement sur une jambe de bois.

J’ai découvert mon premier champignon sur placo un dimanche matin, en voulant ranger la cave. Une odeur âcre, un coin de mur déformé, et cette espèce de mousse blanche qui semblait avoir poussé dans la nuit. J’ai d’abord cru à une simple moisissure. J’ai vite déchanté. Un champignon sur une plaque de plâtre, ce n’est jamais anodin. La plaque absorbe l’humidité, la cellulose fait office de garde-manger, et si personne n’intervient, l’organisme colonise tout, y compris les montants bois et l’ossature métallique attaquée par l’acidité du mycélium. Voici tout ce que j’ai appris sur ce fléau des logements humides — et comment reprendre le contrôle, sans panique, mais sans attendre.

champignon placo

C’est quoi exactement un champignon placo ?

Le terme regroupe deux réalités bien distinctes : les moisissures superficielles (Aspergillus, Penicillium, Cladosporium) et la mérule pleureuse (Serpula lacrymans), un champignon lignivore capable de traverser la maçonnerie. Les premières colonisent la couche de peinture ou le carton du placo quand l’humidité de surface dépasse 70 %. La mérule, elle, s’attaque à la cellulose du plâtre et du bois, dissout littéralement la structure et progresse à une vitesse effrayante, parfois de plusieurs centimètres par semaine dans des conditions optimales. Son mycélium forme des cordons qui transportent l’eau depuis la source d’humidité vers les zones encore sèches, ce qui lui permet d’étendre son territoire bien au-delà du point d’infiltration initial.

En pratique, ce que vous voyez sur le placo n’est souvent que la partie émergée. Derrière la plaque, le même réseau peut s’étaler sur plusieurs mètres carrés. La confusion est dangereuse : une mérule traitée comme une vulgaire moisissure avec un spray du commerce ne disparaît pas — elle s’enfonce dans la maçonnerie, attend des jours plus humides, et repart de plus belle.

Quels sont les signes qui ne trompent pas ?

L’odeur est le premier signal d’alarme : un parfum de champignon frais, de sous-bois ou de terre humide, même quand tout semble sec en surface. Si cette odeur persiste plusieurs jours dans une pièce, il y a une source de développement fongique quelque part, souvent invisible.

  • 🧵 Filaments blancs cotonneux qui s’accrochent au placo, surtout dans les coins sombres ou derrière un meuble. Si vous tirez doucement et que ça résiste comme du coton, c’est le mycélium.
  • 🟤 Taches marron, noires ou rougeâtres en périphérie de la zone cotonneuse. Elles apparaissent quand le champignon commence à sporuler.
  • 🔨 Placo mou au toucher, qui s’enfonce sous la pression du doigt, parfois poudreux. La cellulose est en train d’être digérée.
  • 🪵 Cordons grisâtres ou violacés qui courent le long des tasseaux bois ou dans le bas du mur. C’est le réseau de transport de la mérule, signe qu’elle est déjà bien installée.
  • 💧 Peinture qui cloque sans dégât des eaux visible. L’humidité vient de l’intérieur du mur.

Si vous cochez au moins deux de ces signes, ne poncez pas. Vous libéreriez des spores par millions dans toute la maison, aggravant les risques respiratoires et la dissémination.

Pourquoi le placo attire-t-il les champignons ?

La plaque de plâtre standard est un sandwich parfait pour les champignons : une couche de plâtre poreux, qui retient l’eau comme une éponge, enserrée dans deux feuilles de carton cellulosique — le repas préféré de la mérule. Ajoutez une température ambiante entre 15 et 25 °C, une ventilation quasi nulle derrière une armoire ou dans un sous-sol, et l’humidité relative grimpe en flèche. La condensation matinale sur les murs froids suffit à amorcer le processus.

J’ai vu des maisons neuves touchées. Le coupable ? Les chapes liquides qui mettent des mois à sécher, enfermées par un chauffage au sol mis en route trop tôt. L’eau remonte dans les cloisons, et comme on vit dedans, on n’ouvre pas assez. Six mois plus tard, les plinthes sont bordées de points noirs. Le placo est un révélateur d’humidité, pas la cause du problème.

Mérule ou moisissure : comment faire la différence ?

La moisissure reste en surface du placo, la mérule le traverse de part en part. Une moisissure classique gratte facilement avec l’ongle et laisse une trace poudreuse. La mérule, elle, donne une sensation de feutre ou de cuir mouillé. Elle déforme le plâtre, le rend friable en profondeur, et surtout, elle émet ces fameux cordons qui serpentent vers d’autres zones encore saines.

CritèreMoisissureMérule
AspectPoints noirs, taches vertes/bleuesBlanc duveteux puis brun, cordons
OdeurTerre humide, renferméChampignon fort, sous-bois
ProfondeurSuperficielle (peinture, carton)Traverse le placo, attaque le bois
ProgressionLente, liée à l’hygrométrieRapide, même sur zones sèches
TraitementNettoyage + ventilationPurge + injection pro obligatoire
Danger structurelFaibleÉlevé (charpente, solives)

En cas de doute, le test de l’humidimètre est mon premier réflexe. Une mesure au contact du placo suspect, comparée à un mur sain, donne une indication. Si le taux dépasse 20 % dans le plâtre, c’est un nid potentiel. Mais seule une expertise professionnelle avec prélèvement permet de trancher entre une moisissure banale et une mérule débutante.

Quelles sont les causes concrètes d’une attaque de champignon sur placo ?

Il n’y a pas de champignon sans eau. Toutes les situations que j’ai rencontrées sur les forums ou chez des amis se ramènent à six scénarios typiques :

  • 🔧 Fuite de plomberie dans une cloison. La plus traître, car invisible jusqu’à ce que le placo cloque côté habitation.
  • 🏠 Infiltration de toiture ou de façade. L’eau descend dans la structure, ressort en bas de mur, pile derrière les plinthes.
  • 💧 Remontées capillaires en rez-de-chaussée. L’humidité du sol grimpe dans les murs porteurs, le placo en doublage absorbe comme un buvard.
  • 🌫️ Condensation chronique sur des murs froids. Ponts thermiques non traités, angle de mur nord jamais ventilé, cuisine sans extraction.
  • 🪟 VMC défectueuse ou absente. J’ai récupéré un appartement où l’ancienne VMC était bouchée par vingt ans de poussière. Le taux d’humidité permanent au-dessus de 80 % avait transformé le placo du placard en jardin suspendu.
  • 🧱 Doublage sur tasseaux bois posé sans lame d’air ventilée. Le bois fait pont hygrométrique, et dès que le placo touche, c’est terminé.
[IMAGE_ICI] [IMAGE_DESCRIPTION: A diagram showing cross-section of a wall with plasterboard on wooden battens, arrows indicating water infiltration path from foundation rising damp or leaking pipe behind the plasterboard, with fungal growth shown in red on the hidden side.]

Peut-on traiter soi-même un champignon sur placo ?

Oui pour les moisissures superficielles ; non, catégoriquement, pour la mérule. La frontière est simple : si le placo est encore dur, que les taches sont limitées à quelques centimètres carrés et qu’aucune odeur ne persiste après aération, vous êtes dans le cas de figure « moisissure de surface ». Si le placo s’effrite, si des filaments blancs apparaissent ailleurs qu’au point d’origine, ou si l’odeur est franchement celle d’une cave à champignons, stoppez tout et appelez un spécialiste humidité / traitement du bois. Le travail à faire dépasse de loin un simple coup de lessive.

Traitement maison pour moisissure superficielle

J’ai testé cette méthode sur une tache dans un coin de chambre mal ventilé :

  1. Protégez-vous. Masque FFP2, lunettes, gants. Les spores sont irritantes.
  2. Identifiez et supprimez la source d’humidité d’abord. Sans ça, votre nettoyage ne tiendra pas une semaine.
  3. Pulvérisez un produit anti-moisissure (type fongicide pour murs) ou une solution de lessive de soude diluée à 5 %. Laissez agir 15 minutes.
  4. Frottez avec une éponge non abrasive. Ne rincez pas à grande eau, épongez simplement.
  5. Séchez avec un ventilateur pointé sur la zone pendant 24 heures minimum.
  6. Appliquez une peinture isolante anti-humidité (aérosol ou pot) avant de repeindre. Ça bloque les remontées résiduelles.

Résultat : la tache n’est jamais revenue parce que j’avais réglé le pont thermique qui la causait. Sans travailler sur la ventilation, je serais bon pour recommencer tous les ans.

Quand faut-il remplacer le placo sans hésiter ?

Dès que l’eau a traversé la plaque de part en part, que le carton se décolle, que le plâtre s’émiette au toucher ou que l’odeur persiste après séchage complet. Un placo gorgé d’eau perd sa résistance mécanique. Même sec, il restera un bouillon de culture dormant si des spores ont pénétré dans le cœur du plâtre. Les signaux qui doivent vous faire prendre le cutter :

  • La plaque sonne creux ou mat à des endroits différents quand on tapote.
  • Le plâtre se creuse facilement avec un tournevis.
  • Des auréoles jaunâtres traversent la peinture, signe que les tanins de la mérule ou les résidus de dégradation imprègnent le matériau.
  • Derrière la plaque, les tasseaux bois portent des traces de pourriture cubique (bois qui se découpe en petits cubes).

Dans ces cas, une réparation locale ne sert à rien. Il faut ouvrir proprement, évacuer les gravats en sac étanche, traiter l’arrière de la maçonnerie, et reposer du placo neuf sur une ossature saine. Oui, c’est plus de boulot. Mais c’est le seul moyen de dormir tranquille.

💡 Astuce de Camille : Avant de refermer un mur après traitement, je glisse toujours un petit sachet indicateur d’humidité derrière la nouvelle plaque — un simple papier réactif qu’on trouve en pharmacie. Si dans trois mois il vire au bleu, c’est que l’humidité est toujours là et qu’on a manqué la source. Mieux vaut un petit sachet qu’un nouveau dégât.

Comment les professionnels traitent-ils la mérule sur placo ?

La méthode pro suit toujours le même triptyque : purge intégrale, assèchement forcé, traitement fongicide de la maçonnerie. On ne badine pas avec ce champignon. Voici les étapes que j’ai observées chez un ami dont le sous-sol entier avait été colonisé :

  1. Diagnostic humidité avec humidimètre à pointe, caméra thermique parfois. L’expert cherche la source d’eau principale, mais cartographie aussi l’étendue du mycélium derrière les cloisons.
  2. Mise en sécurité : confinement de la zone avec bâches plastiques et extracteur d’air filtré pour éviter la dispersion des spores dans le reste de la maison.
  3. Purge : dépose de tout le placo contaminé, découpe des tasseaux bois atteints avec une marge de 50 cm au-delà de la dernière trace visible. Les cordons peuvent avoir migré loin.
  4. Bûchage des enduits intérieurs jusqu’à la maçonnerie nue si la mérule s’y est incrustée.
  5. Assèchement par ventilation forcée, déshumidificateurs industriels, parfois injection de résine hydrophobe dans les murs porteurs pour bloquer les remontées capillaires.
  6. Traitement fongicide de la maçonnerie par pulvérisation ou injection de sels de bore, un produit qui rend la cellulose indigeste pour le champignon.
  7. Reconstruction sur ossature métallique plutôt que bois, pose de plaques hydrofuges (vertes) ou de panneaux de ciment en zones à risque.

La facture d’une telle intervention démarre autour de 1 500 à 3 000 € pour une pièce, et peut grimper bien au-delà si la charpente est touchée. C’est pour ça que détecter tôt est aussi crucial.

Quelle ventilation pour éviter le retour du champignon ?

Une VMC simple flux hygroréglable est le minimum viable ; une VMI (ventilation mécanique par insufflation) fait des miracles en sous-sol et en rez-de-chaussée humide. J’ai installé les deux dans des contextes différents, et voici ce que j’en retiens.

La VMC simple flux hygroréglable accélère l’extraction quand l’humidité grimpe, sans gaspiller d’énergie quand l’air est sec. Elle coûte entre 400 et 800 € posée, et c’est l’équipement de base qui fait défaut dans la majorité des logements touchés par les moisissures. Son point faible : elle crée une dépression qui peut aspirer l’air des combles ou de la cave si les joints de porte ne sont pas étanches.

La ventilation positive (VMI) inverse le principe : elle insuffle de l’air filtré dans le logement, ce qui chasse l’air humide par les défauts d’étanchéité naturels. L’avantage est double : elle assèche les murs et empêche les pollens et poussières extérieurs d’entrer. Parfait pour un sous-sol aménagé qui ne peut pas communiquer avec l’extérieur. Comptez 800 à 1 200 €.

À ces systèmes, j’ajoute toujours des grilles d’aération basses et hautes dans les pièces à risque. Un flux d’air croisé, même passif, abaisse l’humidité de surface de 15 à 20 % en une heure. Et ça, ça ne coûte que le prix des grilles.

Comment prévenir l’apparition de champignons sur placo ?

La prévention tient en quatre piliers : choisir le bon placo, le poser dans les règles, ventiler en continu, et traquer l’humidité comme un limier. Voici mon check-list préventive, celle que j’applique à chaque rénovation :

  • 🟩 Placo hydrofuge (plaque verte) dans toutes les pièces humides et en sous-sol. Il n’est pas imputrescible, mais il résiste bien mieux à l’humidité passagère.
  • 📏 Lame d’air de 2 cm minimum derrière tout doublage sur mur enterré ou semi-enterré, avec grille d’aération basse et haute.
  • 🔩 Ossature métallique plutôt que bois chaque fois que le mur peut condenser. Le métal ne nourrit pas la mérule.
  • 🚪 Ne jamais coller un meuble contre un mur froid. L’air ne circule plus, le point de rosée s’installe, et six mois après vous avez un élevage de champignons derrière l’armoire.
  • 📊 Hygromètre à 10 € dans chaque pièce à risque. Si l’aiguille dépasse 65 % régulièrement, c’est qu’il faut agir sur la ventilation.
  • 🔍 Inspection visuelle annuelle des zones cachées : derrière les plinthes, sous l’évier, dans le placard de la VMC, autour des fenêtres en hiver.
[IMAGE_ICI] [IMAGE_DESCRIPTION: A side-by-side comparison showing a standard white plasterboard next to a green moisture-resistant plasterboard with a humidity meter reading displayed in front of each, the standard one showing 75% and the green one 45%.]

Quels produits utiliser (et ceux à éviter absolument) ?

Un bon fongicide à base de chlorure de benzalkonium ou de peroxyde d’hydrogène stabilisé pour les moisissures ; les sels de bore pour la prévention bois et placo derrière les doublages. Et surtout, fuyez l’eau de Javel pure comme seule solution. Certes, elle décolore la tache en surface, mais elle ne pénètre pas assez dans le plâtre et son pH bas peut même favoriser le retour de certains champignons une fois les vapeurs chlorées dissipées. Sans compter les risques pour vos poumons et la corrosion des ossatures métalliques.

En magasin, les produits utiles se trouvent au rayon traitement de l’humidité :

  • 🧴 Spray anti-moisissure prêt à l’emploi (marques Rubson, Sika, Starwax). Efficace sur taches récentes, actif en 15 minutes.
  • 🖌️ Peinture isolante anti-humidité (type Julien, Dip’Etanch). Crée une barrière après traitement, empêche les remontées d’humidité résiduelles de tacher la peinture de finition.
  • 🌿 Sels de bore en poudre à diluer dans l’eau, à badigeonner sur les bois et le revers des plaques neuves. Préventif naturel contre la mérule.
  • 🧪 Gel fongicide injectable pour les murs en pierre ou brique, utilisé par les pros pour traiter la maçonnerie en profondeur.

Et un mot sur les déshumidificateurs électriques : utiles pour assécher après un dégât, mais ils ne remplacent jamais une ventilation permanente. Les faire tourner 24 h/24, c’est une rustine coûteuse en électricité qui ne règle pas l’origine du problème.

Champignon sur placo : quels dangers pour la santé ?

Les spores de moisissures et de mérule sont des allergènes respiratoires puissants, et certaines espèces produisent des mycotoxines. Une exposition prolongée dans un logement contaminé peut déclencher ou aggraver des rhinites allergiques, de l’asthme, des bronchites à répétition, voire des infections pulmonaires chez les personnes immunodéprimées. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables.

La mérule elle-même n’est pas classée comme pathogène humain direct — elle ne pousse pas dans les poumons — mais ses spores en très grande concentration irritent les voies respiratoires. Le vrai risque sanitaire vient surtout des moisissures compagnes (Aspergillus, Stachybotrys) qui prospèrent dans la même humidité. Le fameux « syndrome du bâtiment malsain » trouve souvent son origine dans ces cocktails fongiques invisibles.

Si vous avez un doute sur la qualité de l’air intérieur, un test de spores en kit (boîte de Pétri avec milieu de culture) donne une indication en 48 heures. Mais le verdict final appartient à un diagnostiqueur immobilier certifié.

Quand faire appel à son assurance habitation ?

Si le champignon est la conséquence directe d’un sinistre couvert par votre contrat (dégât des eaux, fuite accidentelle), votre assurance multirisque habitation peut prendre en charge le traitement et la réfection des embellissements. La garantie « dégât des eaux » couvre généralement les fuites, ruptures de canalisation, infiltrations par toiture. Mais attention : l’assurance ne couvrira pas le champignon s’il est dû à un défaut d’entretien, à un manque de ventilation chronique ou à de la condensation mal maîtrisée.

La démarche à suivre :

  1. Déclarez le sinistre dans les 5 jours ouvrés suivant la découverte.
  2. Prenez des photos détaillées avant de toucher à quoi que ce soit.
  3. Faites venir un expert. Si l’assureur mandate le sien, vous avez le droit d’exiger une contre-expertise.
  4. Conservez les devis de recherche de fuite, de traitement, de remplacement du placo. Certains contrats exigent un professionnel agréé.

Dans le cas d’une mérule, les assurances sont souvent plus réticentes. Vérifiez si votre contrat inclut une clause spécifique « champignons lignivores ». Certains contrats haut de gamme la proposent, la plupart l’excluent. Lisez les petites lignes avant d’avoir besoin de les invoquer.

Dans cette vidéo, le bricoleur montre les trois étapes clés pour traiter une moisissure bien installée sur un mur en placo. Ce que j’aime dans sa méthode, c’est qu’il insiste sur le temps de séchage. Beaucoup de tutos zappent cette phase, et c’est pourtant la moitié du boulot. Un placo mal séché après traitement, c’est un champignon qui repart de plus belle.

Champignon placo en maison neuve : un problème plus fréquent qu’on ne le croit

Les constructions récentes, ultra-isolées, peuvent piéger l’humidité de construction pendant des mois si la ventilation n’est pas calibrée correctement. Sur les forums, j’ai lu des dizaines de témoignages de propriétaires ayant emménagé dans une maison neuve et découvert des champignons derrière les plinthes avant même d’avoir fini de déballer les cartons.

Le scénario classique : une chape liquide coulée en hiver, un chauffage au sol allumé à fond pour sécher vite, et des cloisons en placo posées avant la stabilisation hygrométrique du gros œuvre. Résultat, l’eau migre du sol vers les murs, se condense dans les ponts thermiques des menuiseries, et les doublages placos font office de buvard. La garantie décennale du constructeur peut jouer si un défaut de mise en œuvre est avéré — isolation mal posée, VMC non conforme, défaut d’étanchéité. Faites constater rapidement, et surtout, ne signez pas la réception sans une mesure d’humidité dans les pièces sensibles.

Peut-on repeindre par-dessus une tache de moisissure ?

Jamais sans avoir traité la tache et supprimé l’humidité. Sinon, vous offrez au champignon une couverture propre toute neuve sous laquelle il va prospérer. La peinture acrylique standard est poreuse. L’humidité du mur la traverse, les spores survivent dans le plâtre, et la tache réapparaît en trois mois, souvent plus étendue qu’avant.

Si la zone est parfaitement assainie (séchée, traitée au fongicide, stabilisée), alors vous pouvez appliquer une sous-couche isolante anti-taches à base de résine glycéro ou époxy, puis une peinture de finition acrylique. Cette barrière empêche les résidus de tanin ou de pigment fongique de migrer dans la couche de finition. Certains produits se présentent en aérosol nacré (argenté) : ils bloquent tout, même les auréoles de nicotine ou d’humidité ancienne.

✨ Mon verdict

Le champignon sur placo, c’est le symptôme d’un désordre plus profond. En six ans de bricolage et de dépannage chez des proches, je n’ai jamais vu un seul cas où le champignon était le problème initial. À chaque fois, il y avait une fuite ignorée, une ventilation bâclée, un pont thermique nié. Traitez la cause, pas juste la tache. C’est la règle numéro un, celle qui m’a évité de recommencer trois fois le même travail.

Ensuite, ne jouez pas aux apprentis sorciers avec la mérule. Ce champignon est plus malin que nous. Il se cache, il migre, il survit à un simple coup de spray. Un diagnostic pro gratuit ou à 100 € peut vous épargner des milliers d’euros de dégâts structurels. Si le mot « mérule » est prononcé, passez le relais. Votre job, ce n’est pas de l’éradiquer, c’est de vérifier que le pro a bien travaillé.

Mon troisième conseil : équipez-vous d’un bon hygromètre et visitez vos zones cachées deux fois par an. Derrière le canapé, dans le cellier, sous le ballon d’eau chaude. Un coup d’œil de trente secondes qui peut sauver une cloison entière. Enfin, n’attendez pas l’odeur. Quand elle arrive, le champignon est déjà installé depuis des semaines. La détection précoce, c’est l’assurance de s’en sortir avec un nettoyage au lieu d’une reconstruction.

Si vous avez déjà affronté ce problème dans votre logement, racontez-moi en commentaire : comment l’avez-vous découvert, et quelle a été la solution qui a vraiment marché ? Votre expérience aidera tous ceux qui, en ce moment même, sont en train d’observer une tache suspecte sur leur mur.

Est-ce que le vinaigre blanc peut tuer un champignon sur du placo ?

Le vinaigre blanc peut inhiber certaines moisissures superficielles grâce à son acidité, mais il ne constitue pas un traitement fongicide fiable sur le placo. Son principal défaut est qu’il ne pénètre pas en profondeur dans le plâtre et n’offre aucune protection résiduelle. Pour une petite tache récente, vous pouvez l’utiliser en dépannage (vaporisez pur, laissez agir 30 minutes, épongez et séchez), mais pour une infestation établie ou toute suspicion de mérule, passez à un fongicide certifié. Consultez les recommandations officielles Placo pour connaître les produits compatibles avec leurs plaques.

Quelle différence entre du salpêtre et un champignon sur placo ?

Le salpêtre se présente sous forme de cristaux blancs et pulvérulents, sans odeur organique, et résulte de la migration de sels minéraux contenus dans l’eau qui traverse la maçonnerie. Il effrite les enduits mais ne se « nourrit » pas du placo. Le champignon, lui, est vivant : il dégage une odeur caractéristique, forme des filaments ou un duvet, et dégrade activement la cellulose du carton de parement. Le traitement est radicalement différent. Ce guide comparatif détaille les deux phénomènes et les solutions adaptées à chacun.

Combien coûte le traitement d’une mérule sur placo au mètre carré ?

Le coût total inclut rarement le mètre carré seul, car l’intervention comprend un diagnostic (150-400 €), la purge des surfaces contaminées, l’assèchement et le traitement fongicide de la maçonnerie. Pour une pièce de 20 m², comptez entre 1 500 et 4 000 € selon l’étendue des dégâts et l’accessibilité. Si la charpente ou les solives sont touchées, la facture grimpe rapidement. Obtenez au moins trois devis d’entreprises certifiées et vérifiez leur assurance décennale. Ootravaux propose une fourchette détaillée par type de traitement.

Une VMC simple flux suffit-elle à éviter les champignons sur placo ?

Oui, à condition qu’elle soit hygroréglable, correctement dimensionnée pour la surface du logement, et que son entretien soit régulier (nettoyage des bouches tous les 3 mois, remplacement des filtres). Une VMC simple flux ancienne, non modulée, peut s’avérer insuffisante dans une salle de bain ou une cuisine très sollicitée. Dans les sous-sols ou les pièces aveugles, une ventilation positive donne de meilleurs résultats. Mursec, expert en traitement de l’humidité, insiste sur l’importance du diagnostic ventilation avant tout traitement curatif.

Peut-on vivre dans une pièce où il y a des champignons sur le placo ?

C’est fortement déconseillé, surtout pour les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques et les immunodéprimés. Les spores en suspension irritent les voies respiratoires et peuvent déclencher des crises d’allergie. Si la pièce est confinée (chambre, bureau), le risque est amplifié par le temps d’exposition. En attendant le traitement, isolez la zone avec une bâche plastique scotchée, aérez abondamment la pièce, et portez un masque FFP2 si vous devez y pénétrer. Sinistra rappelle les précautions sanitaires à prendre dès la détection d’une infestation.

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